"Celui qui croit savoir n'apprend plus."
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 "Celui qui croit savoir n'apprend plus."

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Logan A. Lewis
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MessageSujet: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Mer 21 Aoû - 22:26



Celui qui croit savoir n'apprend plus.


"So show me family
All the blood that I will bleed
I don't know where I belong
I don't know where I went wrong"

Une bourse bien remplie s'échange, sous le couvert d'une rue bordée de deux hauts immeubles, entre une paire de mains lisses et visiblement peu habituées aux travaux manuels, et une autre gantée d'où dépassent des doigts à la peau déjà plus rugueuse. Cette dernière soupèse l'enveloppe de cuir avant que son nouveau proriétaire ne jette un oeil à l'intérieur.
Le compte semble être bon.

- Vous aurez la suite lorsqu'il sera mort.

Légitime. Alvin hoche la tête en enfilant la bourse de cuir dans une de ses larges poches, l'autre homme ne veut pas se faire rouler. Avec une somme comme celle qu'il sera payé à la fin de son travail, il le comprend. Qui que soit ce Jhalis qu'il doit tuer, son nouvel employeur le hait avec une grande passion.
Le mercenaire tourne les talons, ne prêtant dès lors plus trop attention aux alentours sur le chemin de son appartement. Il passe en revue ce qu'il sait sur sa cible. Un religieux, jeune, facilement reconnaissable. Dans une autre partie de la ville où il ne se rend pas souvent mais c'est une trivialité, ce n'est pas cela qui effraiera le trentenaire. La seule chose qui l'agace dans cette mission, c'est qu'il ne sait pas si sa cible sait se défendre proprement. Qu'il soit religieux n'est qu'un détail qui ne l'en rendra que plus simple à trouver, puisque réduisant grandement le champ de recherche. Logan ne croit en rien d'autre que lui-même et ses armes, de toute façon.Avec l'argent qu'il va gagner, il pourra même se permettre de ne rien glander pendant quelques temps ensuite. Se reposer, après les derniers mois qui ont été particulièrement harassants. Il n'y a rien qui vaille exaltation des missions, ni le sursaut d'adrénaline qu'engendrent les situations difficiles, mais ne rien faire pour un temps est tout aussi attirant, dans un sens différent. Il en repartira en mission de plus belle la fois d'après, frais et dispo.
C'est en sifflotant un air qu'il apprécie qu'il prend le chemin du retour, comme si l'on ne venait pas de lui confier pour tâche de tuer un homme. Ses mains baignent dans le sang des victimes de ses précédents offices et il ne s'en offusque pas. Cependant, il n'a pas commis tant de meurtres que cela. Nombre des missions qui lui ont été données consistaient en un travail de garde du corps, une chasse au monstre ou encore à retrouver un objet donné. Une fois, on lui a même demandé de récupérer une culotte. Oui, une culotte. Et très bien payée en plus, bien qu'il se demande encore si le traumatisme mental qui a suivi, lorsque son client a commencé à faire des choses étranges avec le vêtement juste sous son nez, en valait vraiment le coup.
Mais inutile d'y penser maintenant. Une fois arrivé, il grimpe rapidement les marches qui le séparent de son appartement, l'ascenseur étant une fois de plus en panne.
Il n'aime pas vraiment les ascenseurs de toute façon, bien qu'il ne le montre pas. L'idée d'être enfermé dans une boîte métallique au dessus du sol le dérange. Tout comme celle d'être enfermé dans une pièce sans issue. Se sentir ainsi dérangé par l'enfermement trahit que, sous son crâne épais, se cache probablement de vagues traces de claustrophobie. La sensation d’oppression insistante qu'il ressent à chaque fois ne mérite cependant pas cette dénomination, il n'a jamais perdu son calme dans l'ascenseur. Assez ironique pour quelqu'un qui maîtrise la pression, mais à nouveau, l'ironie règne sur beaucoup de choses dans sa vie.
Logan déverrouille sa porte sans se presser, la laissant ensuite se refermer derrière lui avec un claquement doux. Ses yeux bleus parcourent alors la pièce, à la recherche d'un pendentif religieux précédemment détenu par sa mère. Lui ne croit pas, mais cela ne l'empêchera pas de prétendre croire. Un symbole discret comme ce pendentif serait une excellente preuve de foi pour un citoyen lambda. Du moins, tant qu'on ne lui demandera pas d'en parler. Mais où peut-il bien être ? L'appartement de l'homme, sans être impeccable, n'est pas non plus le plus bordélique du monde. Il n'y a pas d'emballage de nourriture qui traîne, mais il y a de la vaisselle qui attend d'être faite dans l'évier. Et il y a peut-être aussi un peu de poussière sur une étagère peu utilisée, tout comme il y a une boîte fourre-tout sur un meuble. Mais le sol est propre et s'il y a bien un manteau sur une chaise, on peut néanmoins vraisemblablement penser que l'homme qui vit ici sait se tenir correctement. L'endroit est habité, tout simplement. Des fois, Alvin est pris de grandes envies de nettoyage et l'appartement est alors complètement astiqué de fond en comble. Cela reste rare et il se contente en général de le maintenir potable, tout simplement. Aucun client n'a jamais mis les pieds ici, personne ne sait qu'il vit ici. Quelques conquêtes y montent parfois, mais cela s'arrête ici. C'est chez lui et uniquement chez lui. Et cela ne changera jamais.

Il était décidé à repartir de suite mener sa tache à bien, mais il ne trouve ce qu'il cherche qu'une bonne heure plus tard quand, commençant à perdre patience, il a envoyé un grand coup dans la boîte à bordel où se trouvait bien évidemment le pendentif. Ce dernier est un souvenir de sa mère bien plus qu'une preuve de culte pour lui. Pourtant, il se trouvait là, dans la boîte pêle-mêle. A croire qu'il n'y est pas attaché, à croire qu'il s'en fiche. Ce qu'il prétend peut-être faire, difficile de savoir. Il quitte le bâtiment en dévalant les escaliers en sens inverse, vêtu normalement mais avec des armes diverses cachées un peu partout. Le trentenaire se dirige alors vers sa voiture garée un peu plus loin, qu'il déverrouille ensuite en posant simplement sa main sur la portière. Elle ne réagit qu'à sa magie à lui, ce qui est bien pratique. L'homme se glisse ensuite dans l'habitacle.
Enlevant un de ses gants, il dépose sa main sur le panneau de bord central du véhicule tout en tapotant un code sur le volant afin d'allumer le contact. Les différents voyants s'illuminent d'un bleu électrique tandis qu'un doux ronronnement commence au moment où le moteur s'allume. La magie fait peu de bruit de base, mais sur cette voiture en particulier, elle en fait encore moins. Il faut bien sûr y mettre le prix et cela explique en partie pourquoi l'appartement du mercenaire n'est pas mieux que cela.
L'homme se cale ensuite confortablement dans son siège, sentant l'apport magique qu'il fournit au véhicule augmenter brièvement lorsqu'il commence à faire avancer la voiture. L'apport est toujours plus important sur la première mise en mouvement, lorsque le moteur est encore froid et sort du repos. Plus un véhicule est cher, moins le conducteur doit fournir d'effort pour lui permettre de se mouvoir. Forcément, les technologies impliquées sont plus à la pointe, plus performantes, certaines permettent même de se fournir en magie directement dans l'atmosphère environnante, réduisant encore l'énergie à fournir par le conducteur. Celle-ci est drainée directement depuis le siège, qui cache un habile réseau de capteurs et de récepteurs très sensibles. Les véhicules bas de gamme sont moins performants, consomment plus chez leur utilisateur et ont un rendement moins important pour une même quantité de magie, ce qui rend les voitures plus chères plus performantes aussi de ce côté là. La route jusqu'à l'église n'est pas extraordinairement longue, il s'agit de la même ville, mais Logan sera bien content d'avoir sa voiture à portée de main si jamais les choses tournaient mal. Il n'a pas l'intention de tuer à la vue de tous, après tout il vit dans cette ville et compte continuer encore un moment. Si la mission doit s'étendre sur plusieurs jours, elle le fera. Mais mieux vaut être prudent, comme toujours. Après tout, l'excès de prudence est ce qui l'a maintenu en vie jusqu'à maintenant.L'église n'est en vue qu'une trentaine de minutes plus tard, amenant le mercenaire à se garer dans une rue adjacente où il serait facile de se retirer et de partir.

Il sort alors, verrouille la voiture et marche nonchalamment vers l'église où se trouve sa cible. Il sait à quoi il ressemble, son client a dit qu'il ne pouvait pas le manquer. Un métisse avec des cheveux blancs, il est vrai que cela ne court pas les rues. Et comme si leur divinité là-haut l'écoutait - ou ne se souciait pas du tout de ses fidèles -, Alvin est à peine entré qu'il repère directement sa cible.
La première chose qui lui traverse l'esprit en même temps qu'un sourire de prédateur vient orner discrètement ses lèvres est un "trouvé". La seconde chose est un "mignon", trouvant sa cible à son goût. Dommage, que ce soit un cadavre en sursit et un religieux par dessus le tas. Oh, personne ne lui a interdit de s'amuser un peu, non ? Ses parents disaient qu'il est mal de jouer avec la nourriture. Mais ses parents ne sont plus là. Alors Alvin va jouer avec la nourriture, comme le sale gosse qu'il est. Ah ils vont le recevoir à sa mort, salir leur mémoire ainsi, jouer les imbéciles. Si tant est qu'ils se retrouvent tous au même endroit. Oh, il pourrait poser la question ici. Après avoir joué avec sa proie si agréable à l'oeil, quel gâchis. L'homme aux cheveux clairs pourra se consoler, il vaut son pesant d'or. Ça oui.
Le choix d'Alvin est fait. Il aurait pu se faire passer pour un nouveau venu en ville, un voyageur - il en a l'air, quelque part -, demander des indications, abaisser les méfiances de sa proie. Il n'en fait rien. Rien n'indique à son propos qu'il pourrait tuer, il n'est qu'un type louche parmi les types louches quand il décide de l'être. Alors il avance l'air de rien vers sa cible, regardant au passage autour de lui pour admirer les décorations de l'église. Elle est somptueuse, il faut bien l'avouer. Certains ont les moyens, ici. Evidemment. L'expression du brun ne trahit rien, elle est soigneusement neutre jusqu'à ce qu'il arrive face à face avec sa cible, à qui il adresse un sourire indéchiffrable.

- Bonjour. J'ai pêché et je voudrai me confesser.

Il en avait déjà l'air. D'avoir pêché, pas de vouloir se confesser. Et Alvin n'ajoute rien, attendant là sur place que l'homme réponde. S'il dit non, il trouvera autre chose. Mais si l'être aux cheveux blancs est intelligent, il devinera probablement qu'il ferait bien de dire oui s'il veut avoir la paix, sans double sens. Ou peut-être que si. Combien de temps ils mettraient à trouver un cadavre là-dedans ? Ce serait dommage néanmoins de ne pas jouer plus que cela. Après tout, la proie est réellement mignonne.
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Jhalis Sheł'Thàn
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MessageSujet: Re: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Jeu 22 Aoû - 15:17

Des yeux qui s'habituaient mal à la clarté du soleil rendirent en cette matinée le réveil du prêtre bien compliqué. Et, parce qu'il l'eut décrété dès son premier pied posé à terre, cette journée était une journée de merde. Comme ça, à l'odeur. Pourtant, la seule odeur qui s'infiltrait vraiment de son petit appartement, c'était la nourriture infecte de son voisin du dessous. Celui-là, on pouvait dire qu'il ne savait pas cuisiner, et Jhalis espérait franchement, mais alors franchement qu'un jour ce voisin du dessous se tue par indigestion. Le religieux ne savait pas trop cuisiner lui non plus. Mais au moins, il avait le mérite de ne pas tenter d'expérimentation foireuse et d'acheter ce que le monde a de mieux : les plats préparés. Bref. L'unique chose dont il était vraiment à même de mener de A à Z était le petite déjeuner. Du café, des tartines grillées et du beurre. Voyez l'artiste culinaire.

Pourtant ce matin, notre talentueux cuisinier a carbonisé ses tartines et l'appareil en cause a rendu l'âme. Ce qui ajoutait encore un achat à faire dans sa longue liste de course trônant sur sa porte d'entrée côté intérieur, accrochée ou plutôt plantée par une dague à même le bois. Il s'approcha alors nonchalamment de cette dernière un stylo à la main, encore dans les vapes – au réveil, il était difficile de lui extirper ne serait-ce qu'un micro sourire – et griffonna rapidement. Son écriture était minuscule, et ça agaçait souvent ses supérieurs lorsqu'il devait rendre des rapports. C'est malgré tout avec une lenteur magistrale que le religieux se décida tant bien que mal à s'habiller. Le café dans une main – dangereux – et sa longue robe de prêtre blanche dans l'autre – encore plus dangereux – Jhalis tenta d'exécuter quelque pirouettes. Sauf qu'il n'était ni acrobate, ni même attaché à ces valeurs. Alors, ce qui devait arriver arriva. La robe fut tâchée et le prêtre poussa le râle le plus long de son existence. En plus de ça, s'il ne se dépêchait pas un peu, il serait en retard. Bref, au comble de sa patience déjà bien atteinte, le religieux inspira profondément et jeta la robe dans la panière à linge avant de se diriger vers sa grande armoire – c'était sans conteste l'objet le plus gros de toute sa piaule – et de se saisir de ses habits classiques. Les gens le connaissait par ici, et puis il portait toujours des habits blancs. Il serait facilement reconnaissable en tant que prêtre.

Avec une tartine carbonisée dans le ventre et un tiers de café, Jhalis doutait fortement de sa capacité à tenir une journée debout. Après tout, aujourd'hui il fallait accueillir les fidèles. Pas de messes – il se serait de toute façon attaqué à la fureur de ses compagnons s'il n'avait pas daigné se présenter en costume pendant la messe – mais juste des discussions. Le prêtre adorait vraiment ça. Ça lui permettait de connaître plus de personnes et surtout de parler de tout et de rien, ce qui était une vraie aubaine pour lui, ce bavard. Qu'importe, il n'avait guère le temps de rêvasser. Tirant sur la liste de courses, il l'enfouit dans sa poche et referma la porte derrière lui avant de dévaler les marches quatre à quatre. Enfin, il fut dehors. Son épée trônait fièrement à sa ceinture et évidemment, il faisait un boucan du diable avec ses chaînes et autre. Subitement, une douleur à la jambe lui fit baisser les yeux. Il sentait une forte piqûre, mais après tout, ce n'était tellement rien comparé à tout ce qu'il avait vécu. Son sourire apparut alors pour la première fois de la journée lorsqu'il s'accroupit pour tapoter vivement la tête de son totem, encore la gueule ouverte accrochée à sa jambe. Voilà que ce dernier le mordait pour le punir de l'avoir oublié à la maison. Si c'était pas mignon. Relâchant sa prise, le python l'ignora alors royalement et commença à emprunter la route qui menait à l'église. Grâce à son rang de prêtre, il avait réussi à obtenir ce studio à deux petites minutes à pied de l'immense église. Les places ici étaient chères payées.

Jhalis salua alors ses collègues d'un air joyeux. Ces derniers lui jetèrent des regards pleins de reproches en le voyant arriver ainsi vêtu. Mais bon, ce n'était pas à eux de régler cette histoire, et ils préférèrent détourner les yeux pour se concentrer vers les nouveaux venus. Un seul d'entre eux, le gérant de l'église, vint se poster devant le métisse en le regardant de toute sa grandeur. Et ce n'était pas peu dire. Dix centimètres devaient les séparer. Le prêtre sentit la remarque à plein nez et de toute évidence ne s'y trompa guère. Il dut expliquer sa mésaventure avant de pouvoir entrer dans l'église. Il se faisait passer un savon en public, mais ça lui était bien égal. Son sourire ne le quittait jamais. On lui demanda – ordonna – alors d'aller se changer. Ce qu'il fit, afin de ne pas éveiller l'abominable prêtre qui sommeillait dans son vis-à-vis. Il revêtit donc un habit prêté, cachant alors son épée. On ne repérait plus que sa longue chaîne autour de son cou, accrochée à l'une de ses oreilles.

C'est alors qu'à peine revenu, certains fidèles commencèrent à l'inonder de questions. Il ne passait jamais inaperçu. Peu importe ce qu'il était en train de faire, à quelle hauteur il était, aussi loin qu'il fut, toujours, toujours les gens le reconnaissait. Et avec un sourire pareil malheureusement il intéressait aussi bien les hommes que les femmes. À son plus grand déplaisir concernant ces dernières. Souriant, riant, il tâcha de les ignorer du mieux qu'il put, jusqu'à ce qu'enfin un libérateur ne vienne mettre son grain de sel en annonçant :

- Bonjour. J'ai pêché et je voudrai me confesser.

Le métisse lève le regard. Derrière un homme s'en approche un autre. Un homme à la peau pâle, enfin blanche. Des cheveux bleus noirs, assez indéchiffrable, dans une coupe plutôt originale. On ne pouvait pas dire qu'il passait dix ans devant son miroir, mais il était aussi loin du personnage feignant. Et puis, tout de noir vêtu. Ça contrastait merveilleusement bien avec le religieux, ça. Un nombre de différences incalculables qui amusait le prêtre. Au final, ils n'avaient en commun que la couleur claire de leurs yeux, même si ceux de Jhalis dérivaient plus dans le jaune. Son sourire s'agrandit et il pensa bientôt que c'était la seule bonne chose de la journée. Un passage au confessionnal pour écouter quelqu'un sans être dérangé par d'autres discussions. Un moyen d'être persuadé de ne pas être en contact avec des femmes. Et puis, ce nouveau bonhomme était d'une beauté assez impressionnante. Joignant le geste à la parole, Jhalis indiqua avec élégance l'emplacement d'un endroit éloigné des regards.

-Bien sûr, par ici.

Il adressa quelques paroles vides de sens à son précédent public – il était doué pour parler pour ne rien dire – et se dirigea sans demander son reste vers le grand confessionnal. L'immense python albinos de quatre mètres suit alors son maître en se frayant un passage à travers les chaises dirigées vers l'autel principal. Jhalis, quand à lui, poursuit, un peu trop habitué aux remarques sur son immense animal, sans se retourner :

-Ne vous en faites pas, il ne mords pas – il rit, amusé par sa propre blague. Après tout, les pythons étaient des animaux constricteurs, ils ne possédaient pas de dents comme les cobras par exemple – il ne faut pas faire attention à lui.

Inutile de le préciser, il s'agissait évidemment de son totem. Il ne s'amusait pas à se balader avec un serpent de quatre mètres pour son bon plaisir. Ça ne le déplaisait pourtant pas. Bref, bientôt, il se trouva face au confessionnal et invita une nouvelle fois son interlocuteur à se diriger vers une des ouvertures :

-Je vous en prie, racontez-moi tout.

Et sur ces bonnes paroles, le grand personnage se dirigea en face et s'assit confortablement, ce qui était un grand mot lorsque cet objet était uniquement en bois.

_________________
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Logan A. Lewis
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MessageSujet: Re: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Jeu 22 Aoû - 22:09



Celui qui croit savoir n'apprend plus.
"I'm never good enough,
no matter what I say or what I do."

S'il y a une chose qu'Alvin sait faire, c'est bel et bien se mettre les gens dans la poche quand il en a décidé ainsi. Sauf pour les plus réfractaires, il arrive relativement toujours à s'attirer la sympathie de ses semblables. Demandez à ses voisins, il est un homme charmant, dont personne n'a jamais eu à se plaindre, poli, courtois et prêt à rendre service quand il le faut. Et tout est faux, mensonges, jeu d'acteur. Son sourire qui semble ravi d'avoir aidé une mère les bras chargés tandis que ses enfants courent partout autour d'elle n'est que factice. Au fond, il ne ressent rien d'autre que de l'ennui. Les codes de la société sont parfois éprouvants. Cette même société dont beaucoup vénèrent le dieu Kel'Chin, censé avoir tout crée. Alvin n'y croit plus depuis longtemps, sans qu'il ne s'efforce pour autant de chercher à montrer que ce dieu n'existe pas. Il a juste perdu la foi et l'envie de croire en quoi que ce soit de divin depuis longtemps. Quand, enfant, ses parents lui ont été enlevé à un trop jeune âge. Grandir comme il l'a fait n'a rien arrangé et maintenant il en a bien trop vu pour réussir à admettre que quelqu'un les regarde et décide. Même si leur dieu était aussi tordu et dérangé que peuvent l'être certains habitants de cette île, Heka ne devrait pas être ainsi. Avec un gouvernement corrompu, une église corrompue - ne doit-elle pas être à l'image du dieu qu'elle représente ? - et des habitants corrompu. Mais le mercenaire ne s'en plaint pas, il est l'un d'eux après tout. Et si l'air est pollué, il n'en est pas pour autant irrespirable. Pas plus que les monstres au dehors ne sont invincibles. Du moins, pour la plupart. Au pire, il faut savoir courir vite et bien.

Se mettre les gens dans la poche, donc. Ce n'est pas spécialement le but aujourd'hui, après tout il ne compte pas utiliser ce prêtre atypique mais le tuer après s'être amusé un peu, sans pour autant perdre son objectif de vue. Et puis, s'il parvient à imposer de bonnes impressions au sein de l'autre homme, peut-être qu'il
pourra l'attirer à l'écart, en dehors de l'église. Et là, un coup de lame bien placé en étouffant le cri de sa victime et ce sera terminé. Le mercenaire aura même
avant que qui que ce soit ne remarque la disparition du prêtre. Simple et efficace, tout ce qui l'intéresse après tout est la récompense.

L'homme aux cheveux blancs semble assez content d'avoir quelqu'un à emmener au confessionnal. Logan ne loupe pas non plus le regard qui l'a jaugé entièrement des pieds à la tête, cependant difficile de savoir ce que le métisse en a pensé. Il ne semble pas particulièrement méfiant cela dit et c'est une très bonne chose. Le contraste entre leur deux apparences est assez amusant, lui s'habille en blanc tandis que sa peau est foncée alors que Logan est vêtu de noir - pour changer - qui tranche avec sa peau blanche. Il a toujours été naturellement blanc et ce n'est pas le rayonnant Soleil qui règne la plupart du temps sur ce monde qui va l'aider à améliorer cela. L'opposition noir/blanc se retrouve jusqu'à la couleur de leurs chevelures respectives. Aucun des deux n'est cependant entièrement blanc ni entièrement noir.
Amusant.
Assez bavassé, Jhalis - il vaudrait mieux veiller à ne pas laisser échapper ce nom par inadvertance tant qu'ils n'auront pas été officiellement présentés, si cela arrive - acquiesce rapidement à la demande du brun et il joint ensuite le geste à la parole :

- Bien sûr, par ici.

Un poignet fin, un geste gracieux, il en serait presque féminin si la personne a qui tout cela appartient n'avait pas cette carrure masculine et les épaules carrées qui vont avec. Reste à voir ce qui peut bien se dissimuler sous l'ample tenue blanche, après tout ce pourrait finalement n'être qu'un être chétif.
Le prêtre se met alors en marche vers la direction qu'il vient d'indiquer, immédiatement suivit par un grand serpent blanc que le mercenaire n'avait pas remarqué jusque là. La surprise peut alors se lire brièvement sur son visage. Eh bien, plus besoin de se demander si le prêtre sait se battre. Même s'il ne sait pas, il est en tout cas bien gardé, avec une bête pareille. L'animal, en plus d'être long, est épais et nul doute qu'il doit être rapide. S'il colle ainsi son maître, la tâche risque de s'avérer plus délicate. Sans compter qu'il s'agit probablement du totem du prêtre, parce qu'il n'y a pas d'autre raison à la présence de ce serpent dans une église.
Le casse-noisette d'Alvin, à côté, fait assez pitié. Mais soit. La taille du serpent risque de l'en rendre délicat à clouer au sol si besoin, mais il devrait s'en sortir même si ce n'est que pour un bref instant. Dans tous les cas, il faudra s'en méfier. Une telle bête doit avoir une force qui dépasse de loin celle du mercenaire, il pourrait se retrouvé étouffé en un rien de temps.

-Ne vous en faites pas, il ne mords pas il ne faut pas faire attention à lui.

Et voici une première occasion d'ouvrir la bouche pour placer quelque chose d'intelligent :

- Effectivement. Il aurait plutôt tendance à étouffer ses proies vu sa taille, non ?

Si, Alvin le sait. Mais laisser l'autre parler est une bonne chose et il le suit sans faire d'histoires. Un confessionnal, quel ironie une fois de plus. Alvin n'a paradoxalement rien et tout à se reprocher. Il est pourri de l'intérieur, l'extérieur est solide mais tout ce qui se trouve sous la coquille est mou. Alors si, en fait, il y a des choses dont il n'est pas fier, il y a des choses qu'il regrette sûrement, des choses auxquelles, lâchement, il a choisi de ne plus penser, de se sortir de la tête. Pour pouvoir mieux les fuir, tout simplement.
Evidemment, rien de tout cela ne sera mentionné aujourd'hui.

- Je vous en prie, racontez-moi tout.

En passant près de l'homme pour prendre place sur l'un des deux bancs en bois, le brun ne manque pas de lui envoyer un sourire charmeur sans être trop évident. Pour peu que l'autre soit révulsé par les hommes, leur rencontre tournerait court et le serpent est déjà bien assez.
Le mercenaire n'est pas encore tout à fait décidé à rentrer dans le rôle du fidèle. Il pourrait facilement inventer quelque chose, mais ce n'est pas la première pensée qui lui traverse la tête. Assis-là, la question qu'il s'est posé plus tôt lui revient. Il tient là un homme d'église, autant la lui poser. Comme ça, le prêtre aura transmis la bonne parole encore une fois, d'autant plus que la réponse intrigue réellement Alvin. Alors après un bref silence, il demande simplement :

- Qu'est-ce qui vient après la mort ? Vous devez bien... Avoir un avis personnel dessus, non ?

Et dans cinq questions ils en seront à partager le nom de leur marque de caleçons préférés. Ou presque. Peut-être une recette de soupe de serpent alors. Logan n'en a jamais mangé, l'idée étant à son sens peu ragoûtante. Manger un truc qui a rampé toute sa vie n'est pas très attirant. Qui sait où a traîné l'animal, c'est presque de la soupe à la boue et le nom sonne encore moins ragoûtant. Bref, très peu pour lui qui se contente pourtant de peu.
Passons. Il a besoin de réussir à attirer ce prêtre en dehors du confessionnal. Peut-être que s'ils réussissent à avoir une conversation intéressante... Ce n'est pas le lieu pour, mais il s'en fiche royalement.

- Loin de moi l'idée de vous importuner avec mes questions, mais les confessions en confessionnal me semblent quelque peu impersonnels, j'ai besoin de... Briser la glace un peu, vous voyez.

Alvin est loin d'être la personne la plus bavarde du monde, mais il n'a pas son pareil pour faire la conversation si la situation l'exige. Et elle l'exige présentement. Il n'a pas l'air mal à l'aise et ce n'est pas le but, même sa position est étudiée pour. Il se tient droit et parle avec le sérieux d'un homme qui veut garder la face mais avoue néanmoins quelques faiblesses, la façade d'une personne qui fait quelque chose, en a conscience, mais ne veut pas que la remarque en soit faite à voix haute.

- Vous exercez depuis quand ?

Et dans tout ce qu'il a dit, pas un seul mot sur lui-même n'est vrai.
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Jhalis Sheł'Thàn
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MessageSujet: Re: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Ven 23 Aoû - 16:08

[HRP=J'ai jamais autant écrit de dialogues de toute mon existence... ._.]

Sa bestiole attirait souvent nombre de regards. De par sa taille comme de sa finesse, le reptile était en capacité de se faufiler un peu partout. Seulement, il n'en restait pas moins imposant. Le serpent, qui plus est, était d'une blancheur sans pareille, albinos dirons-nous. Chez les pythons, c'était un fait rarissime. En fin de compte, le totem avait bien choisi son maître. Si Jhalis n'était pas albinos, il n'en restait pas moins un « fait rarissime ». Un intérêt et une attraction mouvante. Un métisse aux cheveux blancs, cette curiosité et ce mystère tournant autour de sa naissance. Mais ça ne le gênait pas. Ou tout du moins ne le gênait plus. Tout ce qu'il désirait, c'était mener une vie tranquille, sans problèmes, sans femmes et au service de la religion. Quoique ce dernier était davantage une affaire de devoir que d'envie. Il s'était habitué à ce rythme, et cela lui permettait avant tout de parler à quiconque le souhaite sans pour autant avoir l'air d'un fou furieux bavard. Ou tout du moins si c'était le cas, personne ne s'en plaignait devant lui.

Quoiqu'il en soit, en ayant vu apparaître ce grand dadet, Jhalis crut voir sa bonne étoile lui murmurer de le suivre et de délaisser le reste de la populace. Enfin être un peu plus seul. Un seul interlocuteur lui suffisait, il n'avait vraiment pas besoin d'une conversation aussi conséquente pour être bavard. Au contraire. C'est donc avec un grand sourire qu'il invita le bonhomme à se diriger vers le confessionnal. Et au tour de la bestiole de suivre son maître. Le prêtre s'attendait tellement aux réflexions qu'il devança l'homme en noir. Non, son totem ne pouvait pas mordre, il en était certain. Quoique, il en gardait une mâchoire assez puissante. Se mouvant en silence entre les chaises, l'immense animal suivit silencieusement son maître. Ce fut au tour du blanc de poser une question sur ce dernier.

- Effectivement. Il aurait plutôt tendance à étouffer ses proies vu sa taille, non ?

Le regard du religieux se fit alors aussitôt plus meurtrier, plus adapté au climat qui régnait à Heka. Son sourire ne disparut guère de ses lèvres, lui donnant un air effrayant. Mais ceci ne dura qu'une maigre seconde, et rapidement le prêtre revêtit une nouvelle fois son costume d'homme joyeux et avenant. Cependant, n'importe quel œil aguerri aurait pu observer ce drôle de phénomène. Tourné de moitié vers son interlocuteur, il se pencha un peu en avant, les mains dans le dos et clopinant à moitié. Les yeux clos et le sourire monté jusqu'aux oreilles, il répondit d'un air amusé :

-Tout à fait. Mais comme il est assez désobéissant, il a tendance à tuer au premier geste suspect.

Se relevant un peu, Jhalis fit bouger sa main devant sa bouche, comme s'il voulait chasser une mauvaise odeur tout en poursuivant :

-Depuis, curieusement, je n'ai plus de voisin. Mais bon, il se tient bien à l'église, c'est le pricipal. Kel'Chin y est sans doute pour quelque chose.

Le prêtre haussa les épaules d'un air désabusé et dirigea son regard vers la bestiole ambulante, se rapprochant une fois de plus de son maître. Bientôt, elle fut à portée de main de ce dernier qui ne tenta pourtant pas d'approcher sa main. Le serpent était loin d'être un idiot, et il devait se douter que l'on parlait de lui. Jhalis aurait tôt fait de se prendre un coup de queue ou bien une morsure plutôt douloureuse.

Enfin, le métisse se trouva face au petit bâtiment de bois et invita l'inconnu  se tourner vers l'emplacement prévu. Lui se contenta de prendre la place qui lui était réservé, tout en choisissant une position assez confortable. Qui sait, parfois ce genre de pratique pouvait prendre plusieurs heures, et ce n’était pas faute de l'avoir expérimenté. Il était doué pour les longs discours, à condition qu'il se trouvait sur un terrain connu. Lorsque ce n'était pas le cas en revanche, il bavardait pour ne rien dire. Juste pour ne rien dire. C'était une sorte de don qui n'était pas offert à tout le monde. Pourtant, rapidement l'homme lui fit part de quelques interrogations.

- Qu'est-ce qui vient après la mort ? Vous devez bien... Avoir un avis personnel dessus, non ?

Croisant les bras dans son coin, le prêtre se permit un instant de méditation et laissa son sourire se figer pendant quelques minutes. Il était rare que quelqu'un vienne lui demander son avis sur la question. Pour avoir exercé ce métier depuis des lustres, il connaissait les phrases toutes faites. Lui-même arrivait parfois à se persuader de la chose. Cependant, en son fort intérieur, il avait tellement, tellement vu de gens mourir qu'il doutait parfois d'une vie après la mort. Un maigre soupir s'extirpa de ses lèvres et le prêtre se contenta de répondre le plus honnêtement possible :

-Si c'est de mon avis qu'il s'agit, je pense que la mort est un cycle. L'esprit quitte le corps au moment de la mort et se désagrège, c'est un vide et il n'y a plus ni joie ni tristesse. Mais vous savez, on dit que la cendre des morts épandu sur un sol le rend fertile. - il rit, avant de se ressaisir – C'est en quelque sorte ce que j'appelle la réincarnation. La personne décédée fait naître des fleurs et des arbres, qui permettent aux autres hommes de pouvoir respirer et vivre. En fait, pour moi il n'y a rien après la mort. Mais si l'on ne pouvait pas mourir, on ne serait pas non plus né.

Restait à savoir qui de la poule ou de l’œuf était né le premier. Enfin, c'était un avis purement subjectif. Jhalis avait de grandes chances de se faire disputer à cause de ses idées, mais il n'avait fait que répondre honnêtement à une question posée. Son sourire devint plus doux, presque inapproprié aux mœurs de Heka. D'ailleurs, son explication elle-même semblait totalement déplacée. Après tout, cetle île n'était pas particulièrement réputé pour ses jardins ni même sa nature sauvage. À la sortie des grandes villes, c'était une terre de désolation et d'hostilité sans fin. Mais depuis tout petit, le jeune homme n'avait jamais pensé autre chose de la mort. Il ne la craignait pas, mais ne l'attendait pas non plus. C'était ainsi. Sa curiosité grandit au fur et à mesure du silence apparut de l'autre côté de la petite fenêtre. Allons bon, l'avait-il choqué ? Ce n'était pas bon pour lui ça. Il inspira une grande goulée d'air, prêt à défendre bec et ongles ses opinions, mais ce fut à ce même instant que l'autre homme se décida à s'expliquer.

- Loin de moi l'idée de vous importuner avec mes questions, mais les confessions en confessionnal me semblent quelque peu impersonnels, j'ai besoin de... Briser la glace un peu, vous voyez.

Le prêtre haussa un sourcil. Ça aussi, c'était le genre de chose qu'on lui proposait rarement. Pour tout dire, c'était même la première fois qu'un homme se sentait mal dans un confessionnal. Certes, le minuscule bâtiment était étroit, mais c'était aussi fait exprès, puisque cela permettait à l'homme de se retrouver face à lui-même avec pour seule écoute un représentant de la foi. C'était le moment d'expier ses péchés, et visiblement, le garçon n'en avait pas l'intention. Le questionnement interne du prêtre l'amena à se méfier encore davantage de ce nouveau personnage. Plongé dans ses pensées, il manqua de sursauter au moment de sentir la peau du serpent s'enrouler autour de ses pieds. Ah, il avait l'intention de lui rompre les os, ou quoi ? S'abaissant légèrement pour chatouiller la tête du reptile, Jhalis ne prononça mot, ce qui n'était guère dans ses habitudes. Tout du moins n'allait-ce pas durer bien longtemps.

- Vous exercez depuis quand ?

De bien curieuses questions, à l'évidence. Que s'apprêtait-il à faire ? Sans paraître un instant déstabilisé, le métisse inclina pourtant la tête de côté, certainement invisible à son interlocuteur. À l'entendre parler, il repensait à ces femmes qui lui posaient toujours de drôles de questions. Allons bon, ce beau jeune homme n'était tout de même pas venu le mettre à l'écart pour lui faire des avances, tout de même ? Non pas qu'il s'en trouva gêné un instant, l'autre homme était divin même d'un point de vue masculin, malgré leurs trop nombreuses différences. Qu'importe, à penser ainsi, le prêtre se mit à rire joyeusement avant de répondre.

-J'entame ma 23e année. Mais dites-moi qu'êtes-vous donc venu faire ici ? C'est la première fois que je vous vois et vous vous êtes quasiment directement dirigé vers moi à votre entrée. Je sais que je suis repérable à des kilomètres, mais tout de même.

Le prêtre marqua une pause avant de poursuivre sur un ton plus léger.

-Enfin, répondez à ma question et peut-être sortirons-nous de cet endroit. Histoire de discuter un peu plus sérieusement.

Oui, enfin tout ça restait au bon plaisir de Môssieu le prêtre.

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Logan A. Lewis
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MessageSujet: Re: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Dim 25 Aoû - 21:55



Celui qui croit savoir n'apprend plus.

"We could be heroes just for one day"

Gruyère. Le plan de Logan est comme un gruyère. Plein de trous, bancal, pour tout dire ce serait même une partie spécifique du gruyère : un trou. Il n'y a pas de plan. Pourquoi monter un plan d'abord ? Il n'y a pas besoin de plan. Il engage la conversation - ça c'est fait - l'attire à l'écart - ça va se faire - et il le zigouille.
Clair, net et sans bavure.
Enfin ce serait sans bavure dans le cas où le prêtre se tiendrait gentiment sur place sans bouger et que son serpent surdimensionné fasse de même. S'il peut se permettre d'avoir encore quelque espoir pour le premier, le second reste un point délicat. Le problème étant que s'il peut sans trop de difficultés en clouer un au sol et l'empêcher de bouger suffisamment longtemps pour lui ouvrir grand la gorge, s'occuper du second dans le même temps est une autre histoire. Et s'il en alerte un, il alerte le second. Vu comme ils sont collés l'un à l'autre de toute façon, il se pourrait bien que les deux se retrouvent alertés en même temps. Voilà donc pourquoi le mercenaire improvise. Le prêtre ne peut pas le soupçonner d'être ici pour le tuer - à moins qu'il ne soit au courant qu'il y ait des gens qui en veulent à sa vie et qu'il ait déjà eu affaire à un type comme Logan. Voilà un premier avantage. Si aucune occasion se présente, le but suivant sera de sortir d'ici sans avoir soulevé de soupçons de ce genre chez sa cible et, si possible, d'attirer sa sympathie. Juste assez pour qu'une seconde rencontre "fortuite" puisse donner lieu à une nouvelle discussion privée entre les deux hommes. Encore une fois, cela dépendra beaucoup de celle qu'ils ont maintenant. Soit elle se termine bien, soit elle se termine par la mort de Jhalis, soit c'est qu'elle s'est mal terminée - et il faut prendre cela du point de vue d'Alvin, cela revient à dire qu'il est démasqué - et la suite sera délicate. Parce que cela voudrait dire surveiller le prêtre jusqu'à pouvoir lui coller une balle entre les deux yeux ou un couteau dans le corps sans se faire voir. C'est nettement moins pratique que de pouvoir s'approcher tout près, pleinement visible et sans être soupçonné de rien.
De tous ces calculs et scénarios qui tournent dans un coin de la tête du mercenaire, son sourire affable ne laisse rien filtrer. Il en a trop l'habitude, tout comme celle d'observer à la dérobée et sans en avoir spécialement l'air. Quoique que le contexte ici rende cela plus délicat à mettre en oeuvre et c'est donc à ne pas trop utiliser.

Si Logan remarque l'étrange comportement du prêtre pendant un instant après sa question - rhétorique - sur le serpent, il n'en laisse rien paraître. Il reste un simple fidèle, non ? Scruter les réactions du prêtre ne rentre pas dans le rôle.

- Tout à fait. Mais comme il est assez désobéissant, il a tendance à tuer au premier geste suspect.

Charmant. L'autre semble parfaitement amusé.

- Depuis, curieusement, je n'ai plus de voisin. Mais bon, il se tient bien à l'église, c'est le principal. Kel'Chin y est sans doute pour quelque chose.

C'est confirmé, le serpent est dangereux. Il en avait déjà l'air, le long corps blanc musculeux est une arme. Une arme d'autant plus redoutable que son possesseur n'a même pas besoin de savoir s'en servir et il n'y a pas à tergiverser sur l'efficacité de l’instinct de chasseur d'un serpent.
Pourquoi l'autre crétin qui l'embauche ne l'a pas prévenu ? Lorsque ce sera terminé, il en demandera plus.
Alvin se contente de hocher la tête en réponse, se glissant ensuite dans le confessionnal où la discussion est censée prendre un tour plus personnel que les badineries échangées plus tôt. Seulement voilà, la tête brûlée qu'il est poursuit sur les badineries et pose des questions qui incluent un peu plus l'avis du prêtre et évite soigneusement de parler de lui et des prétendus pêchés dont il veut se laver. S'il voulait se confesser, ils y seraient encore demain. Après tout, d'un point de vue moral, il peut se reprocher toute sa vie depuis ses dix ans. C'est une bonne chose que sa conscience soit absente la plupart du temps.

- Si c'est de mon avis qu'il s'agit, je pense que la mort est un cycle. L'esprit quitte le corps au moment de la mort et se désagrège, c'est un vide et il n'y a plus ni joie ni tristesse. Mais vous savez, on dit que la cendre des morts épandu sur un sol le rend fertile. C'est en quelque sorte ce que j'appelle la réincarnation. La personne décédée fait naître des fleurs et des arbres, qui permettent aux autres hommes de pouvoir respirer et vivre. En fait, pour moi il n'y a rien après la mort. Mais si l'on ne pouvait pas mourir, on ne serait pas non plus né.

C'est poétique et cela laisse Alvin intérieurement de marbre. Non pas que la réponse ne l'intéresse pas, mais c'est en fait justement son avis. Il n'y a rien après la mort, sa mère s'est suicidée pour rien et tous ceux qui ont l'espoir que cela s'améliore un jour ne sont que des idiots. Encore une bonne raison de ne pas gâcher le précieux temps qu'il leur est accordé à chacun en attachements futiles. A la fin, plus rien ne compte.
Du moins, c'est ce dont il a fini par se convaincre.
Bon par contre, pour le sol fertile, ici, il faudra repasser. Ce n'est pas qu'ils meurent tous de faim, mais la qualité de la terre sur Heka, c'est pas trop ça. Mais passons. L'expression qu'affiche le prêtre vaut le détour et tandis que le mercenaire semble être songeur - il ne songe pas, il sait déjà ce qu'il va dire -, il note en fait le sourire doux sur le visage de l'autre homme. Joli visage, mais il l'avait déjà remarqué, c'est pour cela qu'il veut s'amuser un peu avec si possible avant de le tuer d'ailleurs. Juste parce qu'il a une belle gueule. Alvin a du mal à le déchiffrer, mais ils se connaissent à peine. L'homme ne semble cependant pas être l'un de ces clichés sociaux, son décodage sera plus délicat. L'expression douce sur son visage sied en théorie bien mieux à une mère avec ses enfants, à une couple ou à deux amis de toujours. Devant des personnes de confiance, dans l'intimité, pas devant des inconnus. Tout le monde est un peu parano ici, on a vite fait d'être considéré comme faible et de se faire manger par plus fort.
Mais assez songé, il est temps de sortir une réponse ou son inactivité risque de passer pour inappropriée.

- Maintenant je dois avouer que je suis curieux quant à votre avis sur la vie en elle-même, si à l'arrivée plus rien ne compte.

Et puis, comme de convenance, il ajoute en se redressant :

- Mais pardonnez-moi, c'est peut-être inconvenant comme question.

Et de poursuivre en disant qu'il a besoin de se rassurer par la conversation banale dans un confessionnal, justifiant ainsi officiellement le retard que prend sa confession, quand la raison officieuse est toute autre.
En fait cette séparation entre lui et sa cible est dérangeante à plus d'un niveau. Déjà, il ne peut pas l'atteindre et ensuite, il ne peut même pas s'en approcher pour s'amuser à tenter de le mettre mal à l'aise physiquement. Sur un terrain qui certes le fera paraître louche, mais l'éloigne encore plus du rôle d'assassin. Il a déjà l'air louche et mieux vaut passer pour un grand pervers que pour un assassin devant sa cible. Si le choix était à faire, cela dit. Eviter l'un comme l'autre des titres serait une bien meilleure chose.
Voilà que l'autre se met à rire à la question du mercenaire et ce dernier hausse un sourcil. Il a dit quelque chose d'amusant ?

- J'entame ma 23e année. Mais dites-moi qu'êtes-vous donc venu faire ici ? C'est la première fois que je vous vois et vous vous êtes quasiment directement dirigé vers moi à votre entrée. Je sais que je suis repérable à des kilomètres, mais tout de même.

Il n'aurait pas trouvé meilleure justification que celle que l'homme vient de lui fournir. Alvin laisse un vrai sourire amusé venir orner ses lèvres. Ce prêtre est intéressant. D'autant plus intéressant qu'il doit bien baigner dans des affaires pas très claires pour que quelqu'un veuille sa mort. Il est peut-être gradé ? Le manque de connaissances d'Alvin à ce niveau l'empêche de le savoir. Se fier uniquement aux vêtements ne suffit pas.

- Enfin, répondez à ma question et peut-être sortirons-nous de cet endroit. Histoire de discuter un peu plus sérieusement.

Sortir ! Quelle excellente idée que voilà. Le ton du mercenaire lorsqu'il réplique va de paire avec le sourire qui ne l'a pas quitté :

- Etre repérable à des kilomètres n'est pas justement une excellente raison ? Mais je dois me confesser, j'aurais nettement préféré vous rencontrer dans d'autres circonstances que sous un toit religieux.

Ceci était effectivement un jeu de mot. Quand on connaît la bête, il faut applaudir l'effort. Sans devenir vulgaire ou trop évident, son regard change légèrement tandis qu'il ajoute :

- Vous attirez l'oeil de bien des manières.

Suggestif mais parfaitement ignorable s'il le faut. Ce ne serait pas drôle d'être ignoré, mais c'est un prêtre. Il aura peut-être l'air scandalisé ? Ça, par contre, serait hautement amusant. Logan s'excuserait alors avec profusion, commencerait un récit bidon de faute qu'il aurait commise et l'éponge serait passée. Le prêtre ne serait méfiant que vis à vis de possibles avances et de rien d'autre.
Il reste une question à laquelle il n'a pas répondu et prendre le risque que le prêtre le remarque - et il va le remarquer si rien n'est fait - serait éviter à nouveau de façon trop évidente de parler de lui. Erreur stupide. Du coup le brun reprend un air plus sérieux, une vérité partielle déjà à moitié formée en tête :

- Je ne suis que de passage ici, c'est la première fois que je viens dans cette église. Quant à ce que je viens faire, je vous l'ai déjà dit. Demander le pardon de Kel'Chin. Mais vous offrez aussi une conversation plaisante et je ne suis pas pressé. Est-ce une réponse satisfaisante ?

Vérité et mensonge sont mêlés, si bien qu'au final rien n'est faux mais rien n'est vrai non plus. Avec un peu de chance, cela suffira amplement. Si non, eh bien... Il trouvera autre chose.
Au pire, maintenant qu'il sait que le prêtre n'a pas de voisin, s'il vient l'attendre dans les jours qui suivent devant son pallier et qu'il lui tire dessus sans crier gare, personne ne s'en plaindra.

[Hrp : je m'excuse plus de la taille hein.]
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Jhalis Sheł'Thàn
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MessageSujet: Re: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Lun 26 Aoû - 21:12

La minuscule statue taillée dans le bois côté prêtre du confessionnal  attira l'attention du religieux. Elle s'était toujours trouvée ici, fière représentante d'un dieu personnifié. Pourtant, c'était la première fois qu'il l'observait de si près, qu'il s'y intéressait tant. Son vis-à-vis lui avait demandé son avis sur la mort, et depuis, tout en réfléchissant à cette question, Jhalis fixait cette minuscule statuette. Les représentations montraient souvent Kel'Chin comme un dieu puissant, à la forte musculature et aux yeux soigneusement travaillés pour lui donner l'impression de dévisager tout le monde. Il donnait davantage l'air d'un dieu de la guerre que de la paix. Mais pour le prêtre, ça lui était égal. De la guerre faisait naître la paix. Ce mot « paix » ne serait jamais apparu si son antipode n'avait existé. Voilà tout. Son regard dévia alors de la source d'intérêt pour se recentrer vers le visage de l'homme de l'autre côté du confessionnal. Pour Jhalis, Kel'Chin n'était pas un humain. Il n'avait pas de forme prédéfinie, ni même d'enveloppe corporelle. C'était une entité avant d'être un esprit. Il était là et puis disparaissait tout à coup, sans que l'on ai pu notifier sa présence ou son absence. En cela le prêtre était un fervent défenseur des mœurs religieuses. Alors, lorsque cet homme lui avait demandé son avis sur la question, Jhalis préféra penser qu'il était juste de  lui répondre honnêtement sans chercher à retranscrire la parole de ce dieu, dicté presque par les humains eux-mêmes.

Et c'est alors que son visage se transforme afin de laisser transparaître une quelconque douceur. Légère, fugace, elle s'étouffe néanmoins dès la fin de son long monologue. Jhalis avait sa définition à lui, tout comme chacun l'avait pour soi. Il y avait le dieu et sa religion, et puis il y avait ce que chacun d'entre eux ressentait une fois face à lui-même. Pour la religion, il y avait une vie après la mort, autre part que sur terre. Non pas paradis ni enfer, mais un mélange des deux. Une autre terre à quelques milliers de kilomètres de là, sans doute plus accueillante que l'actuelle. Dit comme ça, ça donnait presque envie de se donner la mort pour y goûter. Mais sentir la mort sans la vivre était une toute autre expérience. Elle faisait comprendre un nombre incalculable de choses, dont la plus importante touche ce mensonge religieux. Après la mort, il n'y a rien d'autre qu'un abyme sans fond dont on n'est pas même conscient de s'y engouffrer.

Sa phrase achevée, il ressentit comme une étrange curiosité. Le silence régnant de l'autre côté du confessionnal le surprenait. Jhalis s'attendait plus à recevoir quelques répliques de mauvaises augures. Après tout, être un prêtre sans dicter la bonne parole était un peu déplacé. Et c'est justement parce qu'il voyait le dieu autrement qu'il se permettait de répondre à toutes les questions, mêmes celles qu'il jugeait déplacé. Et pourtant. Pourtant cet homme se taisait. Comme si brusquement son vis-à-vis sentit un regard sur lui, il s'extirpa alors de ses pensées avant de s'expliquer, prononçant un autre type de question.

- Maintenant je dois avouer que je suis curieux quant à votre avis sur la vie en elle-même, si à l'arrivée plus rien ne compte.

Au tour de Jhalis de hausser un sourcil interrogateur. Allons bon cherchait-il à le déstabiliser, ou bien ces questions étaient-elles vraiment si intéressantes ? Certes, ce n'était pas la première fois que l'on venait lui poser ce genre d'interrogations, mais il se demandait parfois si au final, ce n'était pas juste pour se rassurer que les gens souhaitaient le faire insister sur la vie après la mort. Mais cet homme-là était différent des autres. Non seulement il ne contestait pas les paroles du religieux, mais en plus de ça, il avait même l'air de se demander si la vie valait la peine d'être vécue. Sans être un instant attristé par cette façon de penser – après tout, peut-être se posait-il simplement les questions, faute d'autre chose – le prêtre s'apprêta à répondre. Il n'avait pas de raison de cacher cette réponse, et puisqu'il était lancé, autant poursuivre. Néanmoins, l'autre homme ne lui permit pas cette élocution et enchaîna quasiment :

- Mais pardonnez-moi, c'est peut-être inconvenant comme question.
-C'est au contraire parfaitement légitime. Coupa-t-il.

Non, lorsqu'on lui montrait un quelconque intérêt, Jhalis était on ne peut plus persévérant dans sa façon de s'exprimer. Il n'aimait pas laisser quelqu'un dans le doute ou pire dans l'erreur. Même si cet homme se fichait de leur entrevue, au moins le religieux aurait eu l'impression d'avoir pu faire quelque chose. Même si sur Heka, bon nombre de personnages se trouvaient carrément dérangés, en revanche, lorsqu'ils passaient cet endroit, Jhalis les observait sous une nouvelle forme. Ils paraissaient, à défaut d'être plus sensible, plus effrayés et osaient s'exprimer oralement sur tous leurs méfaits, du simple vol au meurtre. De cette manière, le prêtre connaissait la vie intime de bon nombre de personnes. Il parvenait à cerner tel ou tel façon de penser. En ce moment, c'était bien le problème. Jhalis n'avait strictement aucune idée de ce qui pouvait se passer dans la tête du blanc. Il n'était pas extrêmement intéressé et pourtant il écoutait avec attention. C'est pourquoi le métisse répondit alors, un rire précédant ses paroles :

-C'est justement parce qu'il n'y a rien au final qu'il faut profiter du temps présent. – Il pointa son index en hauteur – La mort peut subvenir à toute heure, provoquée par un tiers ou par soi-même. Il est tellement, tellement facile de mourir. Au contraire, la vie ne s'exprime qu'une seule et unique fois. Elle est douloureuse et douce à la fois. Elle fait ressentir tant de choses qu'il serait un gâchis total de ne pas la vivre complètement et de profiter de ce moment, non ?

La vie était éphémère. Même pour une civilisation pareille ou la mort parvenait tardivement, la vie d'un être n'était rien comparé aux dizaine de millions d'années qu'il avait fallu pour en arriver à créer ces églises et cette terre. Jhalis était peut-être un idéaliste dans l'âme, mais il pensait être on ne peut plus réaliste en vérité. En aucun moment ses paroles amenaient à craindre la mort. Il n'était tout simplement pas de ces hommes-là. Son regard, tout du long, s'était fait joyeux puis neutre. Ses yeux témoignaient de son assurance. Il ne savait pas quand la mort pointerai le bout de son nez, et en fait il ne souhaitait même pas le savoir. Chaque jour qui passait était un nouveau défi, mais ça ne l'empêchait pas de se lever le matin au risque de subir un arrêt cardiaque. Voilà ce qu'il pensait. Et sa question terminale n'en était pas une. L'homme était tout à fait en droit de ne pas lui répondre. Au fond, il se fichait pas mal de ce que cet autre homme pouvait penser. Il lui avait demandé son avis, lui répondait. Point à la ligne. S'il était venu pour se confesser, autant fallait-il commencer sérieusement. Au final, des deux, c'était Jhalis qui s'exprimait le plus. Et ça, ce n'était vraiment pas habituel.

Puis, l'homme décidément bien insolite lui annonça qu'il préférait sortir un peu de cet endroit. Ce qui mit la puce à l'oreille du prêtre. Maintenant, il souhaitait partir de cet endroit ? Depuis quand les fidèles se confessaient mieux en dehors de l'église. En plus d'être un mythe jamais expérimenté, ce n'était tout simplement pas imaginable. Et donc, le religieux en arriva à la conclusion suivante. Il y avait autre chose derrière tout cela. Il ne lui restait plus qu'à en découvrir la provenance. Mais pour cela, il fallait se risquer à se mettre à découvert et à jouer l'homme transit. Ça, Jhalis était vraiment on ne peut plus doué. Il attirait les regards par sa façon de parler et de se mouvoir, justement parce que c'était dans son caractère. Parce que même le plus aguerri des yeux ne pourrait rien remarquer à sa supercherie. Il était un honnête homme et tout sonnait comme vérité. Et cela, il avait appris à le faire même lorsqu'il ne le pensait absolument pas. Un bon menteur, en soi.

Son serpent vint jouer avec son pied, témoignant de son ennui total. En effet, l'immense python était un totem plutôt désagréable. Il n'hésitait pas à torturer son maître à partir du moment où il n'avait pas ce qu'il désirait. En somme, il s'ennuyait. Cela donna une raison de plus pour exaucer les prières de ce drôle de personnage. Mais avant, il devait au moins connaître les pensées de cet homme, floues ou non. Déclarant pour lors un éventuel accord de sa part au cas où l'homme répondrait à ses questions, ce dernier ne se fit pas prier et continua à sourire.

- Etre repérable à des kilomètres n'est pas justement une excellente raison ? Mais je dois me confesser, j'aurais nettement préféré vous rencontrer dans d'autres circonstances que sous un toit religieux.

Quel duo faisaient-ils à se lancer des sourires pareils sans savoir ni l'un ni l'autre ce qui se cachait derrière. Ils étaient sur Heka, et les sourires on s'en méfiait comme de la peste. C'était à la fois un duel entre eux et un ensemble de mystères à résoudre. Qu'importe. Écoutant attentivement les mots de son interlocuteur, Jhalis fut frappé d'un accès de fou rire. Il se contenta pour le moment de le masquer du mieux qu'il put, cachant sa bouche avec sa main en pouffant très légèrement. Repérable à des kilomètres. Ah cet homme était loin d'être idiot. Utiliser ses mots pour les tourner à son avantage. Ça ne l'avançait pas plus. Mais de tout cela, ce qui l'amusait franchement, c'était la suite. Autre part que dans une église ? Oh, c'était non seulement la première fois qu'on lui racontait un mensonge de ce genre, mais en plus de ça, Jhalis était absolument persuadé que cet homme n'aurait vraiment pas aimé le connaître en dehors du travail. La religion lui demandait bien des sacrifices sur sa personnalité. Premièrement, son égocentrisme. Jhalis était une plaie lorsqu'il s'y mettait. Et puis, surtout, son habitude continuelle à voir l'hérésie en tout lieu. Et qu'on se le dise, cet homme-là était à un seuil irrécupérable. Le prêtre avait non seulement condamné un nombre de personne incalculable à la mort, mais en plus parfois il l'avait provoqué de lui-même. Non, vraiment, personne ne méritait d'avoir quelqu'un comme lui à ses côtés. C'était cette ironie particulière qui le réjouissait autant.

- Vous attirez l'oeil de bien des manières.

Ça, le métisse n'en doutait pas. Il était certainement le seul homme capable de sourire autant et de s'exprimer aussi librement. Non seulement parce qu'il n'avait pas peur de ses supérieurs, mais bel et bien aussi parce qu'il était également physiquement hors norme. Il ne se considérait pas comme les autres et par-là même il en devenait automatiquement attirant. Le psychique y était pour beaucoup, et ça le prêtre l'avait parfaitement compris. Ses yeux se plissèrent sous ces paroles et il se mit vraiment à rire, sans pour autant éveiller trop de soupçons vers ses autres collègues.

-Oh, vraiment ? Pourtant vous savez, l’œil est le sens le plus trompeur. Vous voyez ce que je veux vous montrer, mais en dehors c'est un néant total.

Voilà comment Jhalis s'y était pris pour expliquer la différence existant entre son travail et sa vie privée. S'il ne s'offusquait pas des paroles de cet homme ? Pourtant, c'est ce qui dans l'ordre des choses aurait dû se produire. Non, si cet homme voulait vraiment faire passer quelque chose, il l'aurait fait passer plus rapidement mais aussi plus intensément. Or, ce n'était pas le cas. Toute cette histoire apparaissait au goutte à goutte, comme une discussion entre deux amis de toujours sans scénario ni sujet de discussion. Bref, Jhalis ne s'en formalisait donc pas plus que ça et le faisait comprendre à sa manière. Il ignorait ce qui se tramait, mais n'en restait pourtant pas insensible.

- Je ne suis que de passage ici, c'est la première fois que je viens dans cette église. Quant à ce que je viens faire, je vous l'ai déjà dit. Demander le pardon de Kel'Chin. Mais vous offrez aussi une conversation plaisante et je ne suis pas pressé. Est-ce une réponse satisfaisante ?

Cette explication laissa le prêtre de marbre. Tout coïncidait comme il l'expliquait. Alors, était-ce pour autant une vérité indubitable ? L'enseignement de Kel'Chin apprenait à ne pas douter de la parole du prochain, et Jhalis eut alors foi en ces mots, même s'ils s'en trouvaient faussés. Il laissa alors reparaître son sourire et acquiesça au travers de la petite ouverture avant de se lever. Bien, si c'était d'un coin isolé dont l'homme avait besoin, alors Jhalis lui trouverai ce coin isolé. L'arrière de l'église était particulièrement adaptée à ce genre de lieu. Il était aussi facile de s'y diriger sans attirer les regards. Il était après tout totalement impensable pour le prêtre de passer devant tout le monde pour sortir. Il se ferait aussitôt assaillir. Alors, lentement, il retira sa longue robe par mesure de précaution et la déposa sur son siège. Il enchaîna aussitôt, réajustant l'épée qui trônait à sa ceinture.

-Ça me va. Sortons par l'arrière, il y a une porte qui mène vers l'extérieur, mais vous n'aurez pas à craindre qui que ce soit puisque l'endroit est souvent désert.

Ceci dit, il jeta un coup d’œil vers les autres prêtres puis sortit par l'endroit prévu. Le grand python ne lâchait pas son maître d'une semelle, et parfois Jhalis manqua de lui marcher dessus. Pourtant, au comble d'un parcours semé d'embûches, le prêtre parvint finalement à se diriger vers la porte et la poussa sans faire de bruit. Ignorant si l'autre homme le suivait, il s'extirpa à l'extérieur et ébouriffa ses cheveux en respirant l'air extérieur. L'endroit en question était encastré entre 4 murs extérieurs de l'église. Cela ressemblait à un cul-de-sac mais il y avait pourtant une autre sortie en face. Le sol était pavé et à l'époque cet endroit avait dû servir de couloir. Aujourd'hui, la porte face à lui était condamnée et il n'y avait plus un seul passage. Bref, l'endroit idéal pour être seul à seul. Il se retourna alors, les mains sur les hanches alors que son gros python sortait frénétiquement sa langue en l'agitant dan tous les sens.

-Bref, voilà, à présent nous allons pouvoir discuter comme vous me l'aviez demandé. Mais par pitié ne me faites pas perdre mon temps.

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Logan A. Lewis
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MessageSujet: Re: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Jeu 29 Aoû - 21:20



Celui qui croit savoir n'apprend plus.

"He said each day's a gift and
not a given right."

Habituellement Alvin tâche de ne pas trop s'interroger sur le pourquoi du comment on lui demande de faire ce pour quoi on le paie. Cependant, des fois il ne peut s'empêcher de s'interroger. L'histoire de la culotte par exemple, même si au final il aurait préféré ne rien savoir. Et aujourd'hui encore, il est curieux. Certes l'autre homme est intriguant. Atypique, anticonformiste si on veut pousser la description plus loin. Mais il ne semble pas dangereux. Non pas physiquement, il se promène avec un python,  cela suffit à se méfier de lui s'il fallait le combattre. Mais mentalement, il ne semble pas chercher à s'emparer de l'église, n'a pas l'air de comploter quoi que ce soit. Certes, Alvin ne le connait pas assez pour pouvoir réellement affirmer tout cela, il ne se base que sur les impressions qui lui sont renvoyées. Mais il reste curieux, sans que cela ne l'empêche de dormir ce soir s'il ne sait pas. L'une de ses règles est de ne jamais questionner le client, il se contente d'accomplir bêtement les directives. À quoi bon questionner en premier lieu ? Il n'en reste pas moins qu'il fait tout un tas de choses juste pour de l'argent, cela ne change pas. Poser des questions risque juste d'importuner son payeur. Question de pragmatisme. Alvin n'en est pas pour autant un être que rien n'intéresse. Quand il est seul chez lui, il regarde le sport à la télé par exemple. À croire qu'il a toujours envie de bouger même quand il ne bouge pas.
Pour en revenir au sujet principal, il est donc curieux. Il se gardera cependant de poser la moindre question, ce serait si bête de se faire repérer pour si peu. La raison disparaîtra avec le prêtre et son ennemi, que le mercenaire ne reverra plus une fois le reste du paiement effectué. Il a déjà vécu des situations similaires de nombreuses fois. Question d'habitude. Le prêtre n'en reste pas moins un personnage singulier.

- C'est au contraire parfaitement légitime.

Logan masque sa surprise. C'est qu'il est presque véhément dans sa façon de s'exprimer, est-ce qu'il défend les idées de la religion ou les siennes, celui-là ? Peut-être les deux. Peut-être qu'il adhère à la religion - dans son cas, ce serait plutôt recommandé - mais que son avis diffère sur certains points. Ce n'est pas vraiment permis, mais tant qu'il se garde bien d'en faire part à tout le monde... C'est son problème. Ce n'est pas le mercenaire qui sera offensé par ce genre de comportement, vu l'état de sa foi à lui. Il l'avait, mais il l'a perdue. Il n'y a jamais eu d'intervention divine pour lui, alors à quoi bon croire ? Il ne se rend même plus dans les églises, sauf pour y assassiner des gens. Ce qui n'est probablement pas très bon non plus d'un point de vue religieux.

- C'est justement parce qu'il n'y a rien au final qu'il faut profiter du temps présent. La mort peut subvenir à toute heure, provoquée par un tiers ou par soi-même. Il est tellement, tellement facile de mourir. Au contraire, la vie ne s'exprime qu'une seule et unique fois. Elle est douloureuse et douce à la fois. Elle fait ressentir tant de choses qu'il serait un gâchis total de ne pas la vivre complètement et de profiter de ce moment, non ?

La réponse pourrait presque être amusante, compte tenu du contexte. Mais elle fait aussi brièvement réfléchir Alvin - et depuis quand est-ce qu'il réfléchit à ce que les autres peuvent dire ? Et pourquoi pas, il n'a que rarement eu de telle conversation, elle diffère complètement du traditionnel "pourquoi avoir voulu devenir mercenaire ?" qu'il a déjà pu rencontrer. Profiter, dit-il. Et en quoi profite-t-il de quoi que ce soit ici, enfermé dans une église à longueur de journée ? Logan ne peut pas lui répliquer ceci, mais il le pense. Et si c'était la définition de profiter chez l'autre, alors il est aussi étrange que son apparence le suggère. Certains religieux font parler d'eux pour les sacrifices qu'ils font pour Kel'Chin. Jusqu'à preuve du contraire, même si Alvin n'a pas passé beaucoup de temps à l'école, il sait que sacrifice et profiter ne jouent pas dans le même champ lexical. Quel étrange religieux, une fois de plus.
Pour le coup, le mercenaire n'est pas tout à fait du même avis. Douloureuse et douce à la fois, vivre complètement. Ces mots ne lui parlent pas. Qu'est-ce que vivre complètement ? Pourquoi est-ce qu'il vit, lui ? Oh à cela il peut répondre, parce qu'il possède un instinct de survie et n'a pas les tripes de se tuer. Depuis, il s'en est remis et s'est à nouveau un peu plus attaché à la vie. Un peu, parce qu'il continue à faire le con à droite à gauche et, un jour, il le paiera. D'ici là, il a une mission à remplir. Alors il croise les bras, l'air mis-soucieux, mis-pensif, ce qu'il est effectivement plus ou moins. Le temps qu'une réponse lui vienne. Mais aucune ne vient, ce sujet le laisse étonnamment vide et sans réel avis. Finalement, au bout de plusieurs secondes de silence complet, un maigre sourire d'auto-dérision étire les lèvres d'Alvin.

- Si je voulais vous ennuyer à ce stade, je vous demanderais s'il est plus important de vivre pour profiter ou de profiter pour vivre.

Chose qu'il ne demandera pas car la maigre nuance entre les deux est en réalité plus profonde qu'elle n'en a l'air et le débat pourrait réussir à dépasser le brun.

Vient ensuite le moment où Logan voit une ouverture pour s'amuser un peu. Ouverture qui s'écroule rapidement aux vus des réactions du prêtre. Il ne semble pas affecté du tout, à croire qu'il ne l'a pas entendu. Pourtant l'homme en blanc répond, signe que ses oreilles vont parfaitement bien.

- Oh, vraiment ? Pourtant vous savez, l’œil est le sens le plus trompeur. Vous voyez ce que je veux vous montrer, mais en dehors c'est un néant total.



L'homme en noir laisse échapper un bref rire avant de lancer à son vis à vis un regard entendu. Tentative numéro deux, action !

- Je n'ai pas besoin de plus que ce que mes yeux peuvent m'offrir dans ce genre de cas.

Est-ce qu'il va saisir, cette fois ? Qu'il n'est question que de physique depuis cette histoire d'apparence repérable à des kilomètres.
Cela dit, c'est le cadet des soucis du mercenaire. Ce fichu serpent est fidèle aux dires de son maître : il ne le lâche pas d'une semelle. Et puis, le brun n'a aucune idée du pouvoir de Jhalis. Pour peu que ce soit quelque chose de dangereux... Ça ne va pas. Ça ne va pas du tout. Depuis quand est-ce qu'assassiner des prêtres est difficile ? Certes, c'est le premier. Il n'empêche que même si le brun n'en laisse rien paraître, il est mécontent. Et la suite ne va rien faire pour le rassurer.

- Ça me va. Sortons par l'arrière, il y a une porte qui mène vers l'extérieur, mais vous n'aurez pas à craindre qui que ce soit puisque l'endroit est souvent désert.

L'idée d'un endroit désert rassérène quelque peu Alvin. Sauf que là, Jhalis se lève. A sa taille se trouve une épée. Et quand le prêtre se retourne, la façade d'Alvin s'écroule et il grimace. Ah bordel, il a une épée en plus du serpent. Il est armé, avec un pouvoir pour le moment inconnu, en compagnie de son totem qui est un serpent - encore que tout le monde a son totem ici, c'est normal - et il sait donc aussi potentiellement se battre. Le lieu est peuplé, de surcroît. Il est hors de question d'alerter qui que ce soit si une bagarre venait à se déclencher. Ce serait prendre non seulement le risque d'échouer, mais aussi celui de se faire attraper, car tout pratique que soit son pouvoir et tout agile que puisse être l'homme, il n'en reste pas moins un homme seul. Et s'il parvenait à s'enfuir, ce serait prendre le risque de voir son identité découverte. L'obligeant à quitter la ville. Rien qu'il n'ai envie de voir arriver. Pour ça, il faut donc à tout pris éviter le combat. Celui-ci semblant de plus en plus inévitable, il est grand temps d'inventer un nouveau plan.
Pour l'heure, il suit le prêtre après un hochement de tête pour signifier son accord. Ils se retrouvent très vite dans une petite cours où, effectivement, les bruits de l'église sont assez faibles voire inaudibles, cachés par les bruits du dehors.

- Bref, voilà, à présent nous allons pouvoir discuter comme vous me l'aviez demandé. Mais par pitié ne me faites pas perdre mon temps.

Perdre son temps. Hahaha. Il y a là une ironie que seul le mercenaire peut saisir - et du coup s'en amuser intérieurement. Perdre son temps, le but est de lui faire perdre tout le temps qu'il lui reste.
Mais ce fichu serpent là. Bon. Puisqu'il n'y a aucune ouverture et qu'il doit à tout prix rester dans les bonnes grâces du prêtre, il va falloir se plier à l'exercice tant repoussé de la confession. D'autant plus délicat qu'il va dès lors falloir s'inventer un personnage en cohésion avec celui qu'il était juste avant, c'est à dire lui-même. Mais il ne peut pas continuer à être lui-même, parce que lui-même ne se confierait jamais à qui que ce soit. Et lui-même ne peut se permettre de regretter quoi que ce soit. Alors il commence à parler.

- Je suppose que je dois me lancer, merci de vous être prêté au jeu jusque-là néanmoins.

Son regard bleu se déporte alors vers les murs qu'il observe sans réellement les voir parce que son esprit cherche. Il sait déjà plus ou moins ce qu'il va dire, mais son jeu d'acteur et la moindre de ses mimiques pourrait le trahir. Alors il fait mine d'hésiter encore un peu pour quelques instants, se décidant ensuite à river son regard dans celui de l'homme aux cheveux blancs avant de lâcher :

- J'ai tué l'homme à qui je dois ma survie.

C'est vrai et faux à la fois. Alvin ne fait que mentir, mais il ment en restant au plus près de la vérité, afin de paraître le plus vrai possible et, surtout, le plus cohérent possible. Plus il s'approche de la vérité, moins il peut partir dans une histoire illogique. Cette histoire là, c'est celle qui a eu lieu il y a plus de vingt ans maintenant. Mais ce détail-là, Jhalis n'est pas obligé de le savoir. Avec le vieillissement ralenti, le mercenaire pourrait avoir 20 comme 50 ans sans différence notable au niveau de son physique.
Logan s'approche du prêtre, s'arrêtant tout près de lui sans pour autant s'être collé. Officiellement, il le défie du regard de lui reprocher ses actes. Officieusement, c'est le serpent qui est défié. S'il pouvait prendre la mouche et s'enfuir, tout serait beaucoup, beaucoup plus simple. Toujours dans sa "confession", le brun poursuit :

- Je l'ai livré aux forces de l'ordre qui le cherchaient et je n'ai aucun doute sur son sort. Si j'avais pu lui passer la corde au cou moi-même, je l'aurais fait.

Il ne haïssait pas cet homme. Il ne ressentait rien pour lui. Son but n'était pas de le balancer par haine, mais bien pour empocher la récompense. Ce qu'il est advenu de sa victime par la suite, il n'en a cure. Même s'il n'a effectivement que peu de doutes sur ce qu'il s'est passé.
Alvin n'a malheureusement pas la tête de l'emploi. S'il avait avoué regretter, cela serait mal passé. Il n'a pas une tête à regretter ce genre d'action. Trop direct depuis le début. Trop fier aussi, sûrement. Aussi finit-il par ceci :

- Je ne regrette rien. Vous avez une explication ?

En revanche, prétendre regretter de ne pas regretter peut être une bonne justification. Avec l'air faussement amusé et surtout plutôt ironique, il ajoute après une petite seconde :

- Peut-être même que vous l'aviez déjà vu, il vivait dans le sud de la ville.

Et là avec un peu de chance, il obtiendra un non suivi d'une position géographique.


[HRP : Mise en page demain, zum Bett ! ET JE POSTERAI AVEC LE BON AUSSI DEMAIN. IGNORE JUSTE LA TETE BLONDE. There !]
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Jhalis Sheł'Thàn
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MessageSujet: Re: "Celui qui croit savoir n'apprend plus."   Mar 10 Sep - 18:09

Il fallait bien avouer que le prêtre n'était pas très professionnel dans sa façon de parler. En effet, il ne cherchait pas à faire entendre la parole du dieu. Non, ça c'était une autre affaire. Il était si facile de trouver un prêtre habitué à ce genre de choses. Ce n'était pas le cas de Jhalis. Lui ne s'était pas dirigé vers cet endroit par vocation, ni même par envie. C'était un simple orgueil. Une certitude pour rester en vie et avoir quelques personnes à ses pieds. Après tout, c'est tout ce qu'il demandait. Un peu d'attention. Pourtant, il n'était pas pour autant cet homme dénué d'assurance, cherchant à attirer tout le mal du monde sur soi. Il cherchait juste à gravir lentement sa pente sans se faire embêter à chaque caillou posé sur sa route. En vérité, les motivations du prêtre sur sa profession restaient plus ou moins floues. Il avait certes un talent inespéré pour les tirades et les monologues de plusieurs heures, il apprenait bien ses leçons et appréciait plus ou moins Kel'Chin, mais ça ne faisait pas pour autant un prêtre renommé ni même apte à poursuivre son talent chez les extrémistes. Alors, pourquoi ? Ha. Telle est la question.

Concentré sur ses propres propos, le métisse répondait aux interrogations du plus jeune... ou plus âgé. À cette période de la vie, il était strictement impossible de mettre un âge sur un personnage. En relevant les yeux, Jhalis jeta un nouveau coup d’œil au drôle de personnage. Il pouvait tout aussi bien faire la vingtaine que la cinquantaine. Ses traits étaient plus ou moins tirés, signe qu'il devait faire un travail un peu plus physique que celui de prêtre ou de notaire. Pourtant, il était propre sur lui. Sans doute attachait-il beaucoup d'importance au physique. Il n'avait pas tort. L'homme aux yeux émeraude aimait les hommes soignés. En général, ils étaient d'une compagnie plus appréciable. Mais bon, ce n'était que l'avis purement subjectif du métisse.

Le prêtre s'assit plus confortablement sur son banc en bois une fois son explication terminée. D'accord, il s'était exprimé librement. Il avait des façon de parler qui pouvaient choquer les plus fidèles représentants de la religion. Mais il s'en fichait éperdument. Il espérait simplement que là-haut, là-bas, où siégeait ce dieu faisant tant parler de lui, ce dernier lui permette d'accepter ses idéaux. S'il y avait bien un point sur lequel Jhalis était on ne peut plus clair, c'est qu'il pensait que chaque personne avait sa définition de la religion. Elle la vivait à son rythme, avec plus ou moins de vivacité. L'espérance, la croyance, tout cela se dirigeait vers une religion personnelle. Et puis, à côté, il y avait le conditionnement de masse, l'ancrage d'idéaux à suivre, la personnification d'une personne puissante au-dessus de tout le monde, prête à sévir. Le métisse croyait en Kel'Chin. Il y croyait dur comme fer. C'était un pari inutile d'essayer de lui extraire cette facette de lui. Il sacrifiait parfois, cela lui était déjà arrivé. Il n'avait pas particulièrement ressenti cette extase dont parlait les autres hommes de religion. Mais qu'importe, il était un croyant, et si cet homme face à lui désirait un sermon sur la religion, il n'aurait guère besoin de se faire prier.

- Si je voulais vous ennuyer à ce stade, je vous demanderais s'il est plus important de vivre pour profiter ou de profiter pour vivre.

Le garçon reprit quelques couleurs et releva la tête qui s'était abaissée quelques minutes auparavant. Il fixa l'homme d'un air incrédule. Son sourire s'échoua quelque part dans l'église, et une simple surprise vint s'afficher sur son visage. C'est qu'il en devenait presque philosophe, le gaillard. Et là, ce n'était plus dans les cordes du jeune homme. Il n'avait jamais apprécié la philosophie, tout du moins à un certain point. Il aimait se donner des réponses sur les questions restées en suspense, mais s'attardait rarement sur les détails. La discussion pouvait bien ne plus se terminer. Alors, pour signifier au brun qu'en plus de s'éloigner du sujet, ils entraient dans un domaine inconnu du métisse, Jhalis sourit d'un air désolé, avant d'ajouter à travers le mince interstice :

-Je ne suis pas très doué à ce genre d'exercice, malheureusement.

Par la suite, l'échange changea radicalement de sujet. Le vis-à-vis s'attacha à une autre source, et commença à toucher au physique du métisse. Oh, ce n'était pas la première fois qu'il recevait des réflexions de ce genre. Justement, il était souvent incapable de déceler si cela était censé être amical ou non. Ça ne le dérangeait juste pas. Il écouta d'une oreille distraite les mots prononcés et se contenta d'y répondre avec ironie. Non, ça ne l'intéressait pas plus que ça. Il se fichait pas mal de ce que les autres pouvaient penser de lui. Son apparence n'appartenait qu'à lui, c'était son moyen de défense contre toutes les moqueries. Une carapace forgée qui ne le faisait pourtant pas se recroqueviller sur lui-même.

- Je n'ai pas besoin de plus que ce que mes yeux peuvent m'offrir dans ce genre de cas.

La phrase était on ne peut plus clair. Lentement mais sûrement, Jhalis comprit l'allusion qui était faite. Il tâcha avec peine de ne pas se lever d'un seul coup et d'aller lui foutre une gifle qui lui passerai l'envie de recommencer. Professionnel, il fallait savoir rester professionnel. Jhalis se fichait certes de l'apparence qu'il puisse avoir auprès des gens – à un certain degré quand même – ce n'était pas pour autant qu'il acceptait toute suggestion foireuse, quelle qu'elle soit. Il fallait savoir surmonter ce genre de choses. C'était à peu près la première fois qu'on lui faisait une remarque pareille, et Jhalis pouvait affirmer sans peine que cet homme avait un certain toupet pour se diriger dans une église afin de s'exprimer de cette manière. Quoiqu'il en soit, le prêtre en restait bouche cousue. Son sourire restait sur ses lèvres, mais ce n'était qu'une faible façade comparé au silence à ses côtés. Que dire ? Il se retenait de l'utiliser pour le prochain sacrifice, tiens. Encore lui fallait-il un nom. Il soupira, à court d'expression et afficha un faciès neutre en posant sa main en appui-tête.

-Vous devriez vous exprimer avec parcimonie. J'aimerais éviter d'avoir à vous jeter dehors, si possible.

Jhalis ne s'énervait qu'en de très rares occasions. Ce n'était même pas encore arrivé. Il n'était pas du genre à rougir de rage ou à s'exprimer physiquement. Il trouvait cela trop faible de s'afficher en public pour le plaisir des yeux. C'était trop facile. Sourire était une autre façon de s'exprimer sans parler, et ça avait le mérite de faire tomber les défenses opposées. Il était vraiment doué à ce genre d'exercice. Pourtant, parfois il lui arrivait de jeter ce masque au loin et de faire comprendre quelques petites choses sur sa personne. C'était ça de gagné, et souvent ça lui suffisait pour qu'on le laisse tranquille.

Rapidement, le brun lui demanda de sortir du confessionnal. Bien qu'il ne soit pas en très bon terme, Jhalis accepta cette proposition et se leva tranquillement. Si l'homme avait des comptes à lui rendre, c'était maintenant ou jamais. Quoique, sécurisé comme il était, Jhalis ne craignait pas grand chose. Le python ondulait presque dans ses pieds, ce qui était chose assez courante. Il retira alors sa lourde robe et la déposa près du confessionnal. Pourquoi ? Parce que cet homme était louche, pardi ! S'il tentait quoique ce soit, au moins Jhalis avait la certitude de pouvoir se défendre avec une épée et un python à ses côtés. Au mieux cela dissuaderai le drôle de personnage.

Se dirigeant vers l'endroit indiqué par le prêtre, le métisse ouvrit une porte et ils se retrouvèrent instantanément à l'extérieur. Il faisait plutôt chaud pour la saison, mais un léger vent soufflait d'entre les hautes tourelles de l'église. Le prêtre se retourna alors vers le brun et soupira franchement en lui demandant de s'exprimer. Il l'avait apprécié au premier regard parce qu'il était un client potentiel pour se mettre à l'écart des autres personnes, mais à présent, cet homme ne l'amusait plus du tout. S'il ne 'en méfiait qu'à moitié à cause de son orgueil personnel, en revanche, il était loin de lui accorder sa plus grande confiance. De toute façon, ça ne s'était jamais vu à Heka de s'apprécier au premier coup d’œil. Aussi Jhalis n'en tint pas compte.

- Je suppose que je dois me lancer, merci de vous être prêté au jeu jusque-là néanmoins.

Jhalis acquiesce de la tête en croisant les bras. Le merci était presque surprenant venant de la part de l'homme. Cela constitua un point bonus dans l'esprit du métisse. Il lui fallait se lancer, tout à fait. Le but de cette entrevue était de parler de l'éventuel passé du garçon, ou bien tout simplement une peur future. C'est ce qu'un bon homme fidèle se devait de faire en franchissant ces murs en tout cas. En cela, il était un peu hors norme pour attendre d'être si bien isolé. Mais bon, peut-être était-ce un grand timide. À cette idée, Jhalis sourit davantage. Il se trompait sur toute la ligne. Si cet homme pouvait paraître timide en revanche ses précédents propos restaient ancrés dans le crâne du prêtre. Timidité ? Que nenni. Il observa l'homme lever les yeux, semblant fixer un point qu'il n'apercevait pas. Il prit cela pour de la pure réflexion, et à l'évidence, c'en était probablement. La suite n'allait pas tarder.

- J'ai tué l'homme à qui je dois ma survie.

Jhalis ne montra aucun signe extérieur. Il affichait un sourire encourageant, à peine visible, qu'il offrait à chaque personne venu se confier. Et il ne s'échappait pas du lot. À la fois sérieux et inoffensif, Jhalis donnait l'air d'un petit boulanger au crâne rasé du dimanche matin. Sauf qu'il n'était ni chauve ni boulanger. Il réfléchit aux paroles du monsieur. Tué un homme. C'était chose assez courante. On devait lui servir ce plat à toutes les sauces chaque jour. Mais quelque part c'en était amusant. Chaque personne avait une façon de décrire le fait. Sans détails, avec des anecdotes, l'air torturé ou parfaitement calme – c'était son cas – il y en avait vraiment pour tous les goûts. Une fois, un malade mental lui avait même infiniment décrit la scène en exprimant ses émotions à chaque seconde de sa terrible besogne. Jhalis s'en était même effrayé à l'idée d'être plongé dans un personnage pareil. Le prêtre avait alors pris les coordonnées de cet homme et puis ce dernier s'était retrouvé en prison quelques mois plus tard, afin de ne pas faire de rapprochement entre sa visite ici et son arrestation. L'église était aussi un bon moyen de régulation des cas sociaux. Ils parlaient à découvert sans craindre d'être vendu. Sauf que la réalité était toute autre. À chaque fin de journée, les prêtres rédigeaient des rapports sur les cas avec lesquels ils s'étaient entretenus, et on classait ces cas par ordre de gravité. Au mieux, l'homme ne risquait rien. Au pire, il était arrêté. C'était l'un ou l'autre.

- Je l'ai livré aux forces de l'ordre qui le cherchaient et je n'ai aucun doute sur son sort. Si j'avais pu lui passer la corde au cou moi-même, je l'aurais fait.

Jhalis ignorait tout du personnage concerné par ce discours. S'il était foncièrement méchant, s'il avait abusé du brun face à lui, s'il l'avait soumis à quelques tortures ou dans le cas contraire s'était trouvé quelqu'un d'admirable. Sans ces détails, il était difficile d'affirmer quoique ce soit. Ce pouvait tout aussi bien être un cas habituel de légitime défense ou de simple vengeance. Dans un autre cas, le brun avait tout aussi bien pu assassiner cet homme parce qu'il ne l'aimait pas. Mais visiblement, d'après le portrait dressé, s'il se trouvait recherché par les forces de l'ordre, c'est qu'il devait avoir quelques petites choses à se reprocher. Pourtant, en s'attachant aux détails, si cet homme était recherché mais qu'il s'occupait du brun, n'était-il pas un peu lui aussi impliqué ? Faire des suppositions ne menait à rien.

- Je ne regrette rien. Vous avez une explication ?

Une explication ? Il n'était pas vraiment psychologue. C'était un prêtre, et il se contentait de recracher bêtement la parole du dieu. Pourtant, son travail était aussi de guider les hommes vers la vérité. Cependant, en étant aussi peu fourni en histoire, Jhalis ne pouvait pas lui répliquer grand chose. Le brun n'avait pas tant l'air violent. Ou cachait-il tout du moins bien son jeu. Et puis, qui sait, le brun avait peut-être tué depuis. Il n'y avait aucune chronologie dans son histoire. Cela pouvait s'être passé hier comme il y a dix ans. Et pour cela, Jhalis décida de jouer le terrain à l'aveugle. Il répondait de manière floue tout en dispatchant quelques informations qu'il croyait véridiques. De cette manière, il finissait par obtenir des renseignements plus précis et puis une histoire dignement constitué. Il était habitué à ce genre de pratique.

-Il existe des êtres foncièrement mauvais. Ces êtres ont besoin d'être éradiqués, et c'est bien souvent le destin qui se charge de le faire. Vous vous êtes probablement trouvé dans cette sphère, ce qui vous a mené à dénoncer cet homme. Il n'y a aucun regret à avoir lorsque cela se produit.

Oui, Jhalis s'en remettait au destin. Parfois, cela suffisait pour rassurer l'homme face à lui. Cela lui permettait de se sentir « contrôlé » et donc exempt de toute implication. En général, ces personnes étaient plutôt simple d'esprit. Puis venait ceux qui n'y croyaient pas ou qui refusaient de se soustraire à une entité divine sous prétexte qu'elle en possède l’appellation. C'était somme toute ce vers quoi se dirigeait souvent le prêtre.

- Peut-être même que vous l'aviez déjà vu, il vivait dans le sud de la ville.

Le prêtre plongea son regard vers dans le bleu face à lui. Dans le sud de la ville. Sans aucun nom, il pouvait tout aussi bien dire oui ou non. Il se baladait souvent dans tous les quartiers de Kahl, c'était une habitude qu'il avait prise lorsqu'il était en congé. Cependant, il ne pouvait rien affirmer. Alors il répondit :

-C'est probable, je vois beaucoup de monde. Un nom et une date ne serait cependant pas de refus, j'avoue que je ne suis pas encore capable de m'infiltrer dans l'esprit des gens pour leur dérober les informations.

Et ceci dit en ajoutant un magnifique sourire plein de tendresse et d'amusement. L'occasion d'en savoir encore un peu plus sur les faits passés.

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